TERAPIA , TRANCE E MEDITAZIONE

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LIEN : https://www.scribd.com/document/334396741/Arpa-Celtica-Andrea-Seki

LES PEUPLES DE LA MER SHARDANA ET L'ORIGINE DE LA HARPE CELTIQUE

Texte de Andrea Seki

Comme chacun sait, les documents historiques concernant les origines de la harpe celtique, connus à ce jour, proviennent des bas-reliefs irlandais et écossais sur lesquels on peut voir, aussi bien les premières harpes triangulaires apparues en Europe et ayant appartenu au mystérieux Peuple des Pictes en Écosse, que d'autres représentations anciennes de harpes archaïques ayant une forme rectangulaire, classées comme lyres, que nous trouvons gravées à l'intérieur de croix celtiques en pierre, dont les plus importantes sont la Croix de Castledermot et de Ullard (IXème siècle environ) en Irlande, ainsi que celles de l'île Iona en Écosse.

Et si nous voulons trouver les premiers témoignages écrits concernant l'origine de la tradi-tion et de la pratique de la harpe en Irlande, il faut aller les chercher dans les textes des grands cycles mythologiques irlandais transcrits par les moines au cours du Haut Moyen-âge et particulièrement dans le «cycle des invasions».

 

Ces écrits remontent à des récits beaucoup plus anciens qui s'étaient transmis oralement de génération en génération et qui nous révèlent clairement comment le peuple mythique des Tuatha de Danan arriva avec ses bateaux et colonisa l'ancienne Irlande, y apportant la som-me de ses connaissances. Les Tuatha de Danan apportèrent en effet l'agriculture, la naviga-tion, l'astronomie, la métallurgie, la magie, leurs cultes, la musique etc. Toutes ces connais-sances, étaient tellement avancées pour l'époque, que les peuples autochtones considérè-rent les Tuatha de Danan comme étant les égaux des divinités. Ces textes nous racontent comment les peuples de Danan arrivèrent des terres du Nord, traversèrent la mer jusqu'aux côtes d'Irlande apportant avec eux leurs harpes magiques.

Ces peuples, qu'il y a peu de temps encore, avaient été relégués par les académiciens au rang de peuples mythiques, étaient en réalité de vrais peuples qui, nous le savons aujourd'hui, appartenaient à la grande confédération des Peuples de la Mer, le plus grand rassemblement d'anciennes tribus qui faisaient partie de la même civilisation et de la même culture (du bronze) et qui divisées en différentes ethnies étaient cepen-dant réunies par les mêmes traditions et le même culte de la Grande Déesse Mère.

Cette divinité féminine, prit en effet, des noms différents comme : Dana ou Dona, Danu ou Demetra, Diana... selon son lieu d'origine. Qui étaient donc, les Tuatha de Danan et d'où provenaient-ils?

Au cours de ces 30-40 dernières années, divers scientifiques ont redécouvert et identi-fié à travers de nombreuses sources, documents, toponymes et autres, des traces in-nombrables qui leur ont permis de reconstituer l'histoire et le parcours des Peuples de la Mer. Parmi ces scientifiques, le plus accrédité de nos jours, est le chercheur et historien sarde Leonardo Melis.

La Sardaigne fut en effet le plus grand établissement en Méditerranée d'une des plus importantes tribus de la confédération des Peuples de le Mer, au cours du néolithique (2300-2000 av. J-C environ), les Shardana (Sher-Dan = princes de Dan), qui lui donnèrent leur nom. Aujourd'hui, on retrouve le toponyme de cette tribu dans toute l'Europe : de la Méditerranée à la Scandi-navie, de l'Anatolie et la Mésopotamie à l'Afrique du Nord et l’Égypte et dans les terres des peuples sémites.

Les Tuatha de Danan ont été reconnus comme étant les Danaens (Danaï) dont Leonardo Melis a retrouvé de nombreuses tra-ces et identifié le parcours qui, de la Mésopotamie, les a conduits à la colonisation de l'Europe, de la Scandinavie, jusqu'à l’É-cosse, l'Irlande et d'autres pays de culture celte, parmi lesquels, la Bretagne, la Galice, le pays de Galles etc. (Les peuples de Don, Dan...). Les premières harpes rectangulaires irlandaises, pourraient-elles être, par conséquent, ces mêmes harpes ou ly-res apportées par les Danaens, comme nous le racontent les mythologies irlandaises? Jusqu'à ce jour, mis à part les mythes, cette hypothèse ne semblait pas être étayée par des preuves historiques certaines qui auraient pu en confirmer la véracité ; mais, comme il arrive souvent, les mythes se révèlent parfois des récits d'évènements plus anciens.

Le fait est, qu'en 2006, au cours d'une de mes recherches, effectuée au moment où je rédigeais mon livre/cd : «La Harpe Celti-que du Sidhe», je remarquai l'existence d'une pièce archéologique qui représente un témoignage réel et irréfutable de l'utilisa-tion que faisaient les Peuples de la Mer, d'un type de harpe rectangulaire tout à fait semblable - si ce n'est identique - à celle des croix celtiques de Castledermot et de Ullard. Cette tribu, appartenant aux Peules de la Mer, est incontestablement celle des Shardana en Sardaigne.

En effet, au milieu de la riche et splendide collection de statuettes de l'âge du bronze que l'on appelle «Bronzetti Sardi», expo-sée au musée de Cagliari, et où sont représentés les personnages du peuple Shardana, (parmi lesquels des prêtres, des guer-riers, des musiciens...), j'ai trouvé à ma grande surprise, un petit bronze représentant un harpiste, daté de 2000 -1500 av. J-C.

Je fus fortement impressionné par ce harpiste Shardana. Je pensai immédiatement à la grande ressemblance, qu'il y avait entre ce dernier et les bas-reliefs présents sur les croix celtiques d'Irlande et d’Écosse, y compris dans sa posture, tant et si bien que je mis sa photo dans mon livre (paru en 2007) où déjà, j'émettais l'hypothèse qu'il pouvait y avoir une relation entre ce harpiste des Peuples de la Mer et les écrits concernant les harpistes des «mythiques» Tuatha irlandais. Cependant, je ne pensais pas que cette pièce archéologique pouvait être le témoignage d'une pièce manquante à l'intérieur d'un puzzle représentant un cadre beaucoup plus vaste, un cadre qui concerne les ori-gines de la pratique de la Harpe en Europe et les origines de la Harpe celtique elle mê-me.

A l'heure actuelle, le harpiste sarde (qui ressemble plutôt à une femme), représente en effet, après la statuette en marbre des Cyclades, daté de 2400 av, J-C environ , la plus ancienne pièce archéologique existant en Occident d'un joueur ou d'une joueuse de harpe. Il est intéressant de remarquer que la civilisation des Cyclades est aussi liée au culte de la déesse Mère et que ses us et coutumes semblent être les mêmes que ceux des Peuples de la Mer.

Cependant, ce n'est qu'en évoquant récemment ce sujet avec le harpeur Myrdhin et Leonardo Melis lui-même, que je me suis rendu compte que personne jusqu'à présent, n'avait fait le rapprochement entre le petit Bronze Sarde, les lyres rectangulaires irlandaises et les cycles mythologiques concernant le Tuatha de Danan. J'ai eu par conséquent, la confirmation que la redécouverte de ce lien historique, culturel et musical, représente aujourd'hui une preuve et un élément nouveau digne d'être pris en considération. Un élément qui, selon moi, complète bien un cadre encore flou concernant les origines de la harpe celtique. Le petit bronze du harpiste Sarde, entre autres, n'a été mentionné jusqu'à ce jour, par aucun des textes archéo-musicaux majeurs, et à notre connaissance, il ne figure pas non plus parmi les pièces de référence concernant les origines de la pratique de la harpe en Europe ; bien qu'étant le deuxième élément parmi les plus anciens que l'on ait retrouvé en Europe, il n'est pas présent non plus dans les textes mineurs que j'ai pu analyser au cours des recherches que j'ai effectuées en compagnie d'autres amis musiciens (y compris dans tout le matériel se trouvant sur internet).

C'est donc à partir de là, que sont nés, mon intérêt et mon désir de divulguer cette redécouverte dans cet article (qui mérite-rait par ailleurs d'être approfondi), afin de la partager avec les nombreux passionnés de la harpe celtique, de son aventureuse histoire et de son origine. Il est clair en effet, que de toutes ces informations, nous pouvons déduire que les Peuples de la Mer (Shardana, Danaens, et autres) pourraient être les vrais porteurs de la tradition millénaire de la harpe en Occident. Ces pages légendaires d'un mythe pourraient elles se révéler encore une fois une vérité historique ?!

Texte de Andrea Seki

Traduit de l'Italien par Raffaelina Putzu Tarry.